Les scientifiques les surnomment « produits chimiques éternels » parce qu’ils sont extrêmement persistants dans notre environnement. L’ennui, c’est qu’ils constituent aussi un danger pour notre santé. Alors est-il possible de les éliminer ? Oui, répondent aujourd’hui des chercheurs.
Les substances per- et polyfluoroalkylées. Ils sont plus connus du public sous l’acronyme PFAS. Et l’essentiel à en savoir, c’est que leurs propriétés les rendent extrêmement intéressants. On en retrouve ainsi dans nos produits ménagers, dans nos vêtements, nos ustensiles de cuisine et même nos emballages alimentaires. L’ennui, c’est que ces PFAS sont aussi extrêmement persistants. Tellement qu’ils sont surnommés « produits chimiques éternels ». Et qu’ils nous font ainsi courir le risque d’une contamination pouvant entraîner des effets néfastes sur notre santé — taux de cholestérol, baisse de la fertilité ou cancers.
Interdire les PFAS sera difficile et insuffisant
La bonne nouvelle, c’est que des chercheurs de l’université de Rochester (États-Unis) pourraient bien avoir trouvé une solution pour éliminer les produits chimiques éternels de l’eau que nous buvons. D’autres avaient bien proposé des pistes. Mais extrêmement coûteuses. À base de… diamant ! La méthode décrite dans le Journal of Catalysis, quant à elle, pourrait s’avérer 100 fois plus économique. Elle repose sur des nanocatalyseurs façonnés par laser qui se sont montrés à même de s’attaquer à un type spécifique de PFAS, le sulfonate de perfluorooctane (PFOS).
Depuis le début des années 2020, le PFOS a été progressivement abandonné aux États-Unis. Mais en tant que produit chimique éternel, il continue à apparaître dans l’environnement. Ce qui montre bien qu’interdire l’utilisation des PFAS ne résoudra pas le problème. D’autant que, selon les chercheurs de l’université de Rochester, un certain nombre de technologies de décarbonation — des pompes à chaleur aux cellules solaires — dépend de ces produits chimiques éternels.
Vers une économie circulaire des produits chimiques éternels ?
Maintenant que la possibilité d’extraire le fluorure en toute sécurité de ces PFAS sans le rejeter dans l’environnement semble ouverte, les chercheurs espèrent à l’avenir pouvoir créer une économie circulaire et durable de ces produits chimiques éternels. Un brevet a été déposé. Et le procédé pourrait intéresser notamment les installations de traitement des eaux usées.
