À Copenhague, les touristes écolos sont récompensés

À Copenhague, les touristes écolos sont récompensés
À Copenhague, les touristes écolos sont récompensés, @Pexels

Copenhague, la capitale du Danemark, a lancé une offensive inédite contre le tourisme polluant. En pleine saison estivale, alors que les capitales européennes sont prises d’assaut, la ville propose une alternative réjouissante : récompenser ceux qui voyagent autrement. Pas de sermon ni d’interdiction, mais un programme astucieux nommé « CopenPay », où les visiteurs se voient offrir des cadeaux pour leur comportement écologique.

Copenhague mise sur les gestes verts des touristes

À l’heure où les bilans carbone des vacances explosent, Copenhague s’engage sur une voie inverse. À travers son initiative « CopenPay », la ville propose depuis le 17 juin et jusqu’au 17 août 2025, de récompenser les touristes respectueux de l’environnement. L’offre ? Des billets gratuits pour des musées, des balades en bateau électrique, des repas végétariens ou même des cours de yoga. Mais ici, pas de contrôle tatillon ni de procédure kafkaïenne. Une photo de vélo, un billet de train ou une preuve de participation à une opération de ramassage suffisent. Et tout repose sur la confiance.

Rikke Holm Petersen, directrice de la communication à l’office de tourisme, résume l’esprit du projet dans des propos rapportés par RFI : « Nous sommes tombés sur un sondage qui montre que la population en général veut vraiment agir de manière durable, mais seulement une sur cinq le fait réellement. Il existe donc un fossé énorme entre le désir de changer et la réalité […]. Nous avons donc voulu combler ce fossé et aider les gens à sauter le pas ».

Plus de 90 lieux emblématiques de Copenhague impliqués

Dans le cadre de ce dispositif, plus de 90 établissements culturels, artistiques ou de loisir se sont mobilisés. Parmi eux : le Musée national du Danemark, le château de Kronborg, la Galerie nationale ou encore CopenHill, célèbre piste de ski urbaine installée sur une centrale de valorisation énergétique. Même GoBoat, qui propose des balades en bateau électrique, joue le jeu.

Et ce n’est pas une première. Déjà testé en 2024, le programme avait séduit 5 000 visiteurs, selon l’office de tourisme. Mais cette année, l’ambition est clairement décuplée : trois fois plus d’offres, une visibilité renforcée et une approche élargie. « Si vous voulez que les gens changent et fassent le bien, cela doit être amusant et inspirant », insiste Rikke Holm Petersen dans Destination Think.

Un modèle inspirant au-delà du Danemark

L’impact de Copenhague dépasse les frontières danoises. Selon les données fournies par Wonderful Copenhagen, plus de 100 destinations à travers le monde se sont dites intéressées par le modèle. À juste titre : l’an dernier, le programme a permis une augmentation de 29 % des locations de vélos, des tonnes de déchets ont été collectées, et 98 % des participants ont déclaré vouloir recommander l’initiative.

Mais derrière cette initiative apparemment ludique se cache une stratégie touristique rigoureuse : attirer des visiteurs moins nombreux mais plus investis, plus présents, plus respectueux. Søren Tegen Pedersen, directeur de Wonderful Copenhagen, ne mâche pas ses mots dans GlobeNewswire : « Le plus grand impact climatique du tourisme provient des transports. Cette année, nous encourageons donc les voyageurs à prendre le train pour venir à Copenhague. De plus, nous souhaitons qu’ils voyagent moins mais restent plus longtemps. »

Une autre idée du tourisme : utile, civique, régénératif

En récompensant ceux qui contribuent à réduire leur impact, Copenhague veut provoquer un changement culturel. Exit la culpabilisation, place à la valorisation. Car ici, l’écoresponsabilité n’est ni un luxe ni une contrainte, mais un passeport pour vivre la ville autrement.

Alors que d’autres grandes capitales européennes multiplient les taxes touristiques, la capitale du Danemark joue la carte de l’enthousiasme. Une stratégie positive qui n’a rien d’anecdotique : « Le tourisme doit passer d’un fardeau environnemental à une force de changement positif », affirme encore Søren Tegen Pedersen sur WonderfulCopenhagen.com.

Stéphanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010, j'ai créé deux sites Mon Totem, accès sur du contenu positif orienté sur l'écologie, et Penser Demain, rassemblant des sujets sur le monde que nous souhaitons créer demain.

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