Le film plastique du futur pourrait remplacer certains désinfectants

Le film plastique du futur pourrait remplacer certains désinfectants

Un nouveau film plastique mis au point par des chercheurs australiens pourrait modifier durablement la lutte contre les contaminations virales sur les surfaces du quotidien. Grâce à une structure nanotexturée inspirée des ailes d’insectes, ce matériau souple détruit certains virus par simple contact mécanique, sans désinfectant chimique. Derrière cette avancée, l’université RMIT de Melbourne envisage déjà des applications dans les hôpitaux, les transports ou encore les écrans tactiles.

L’université RMIT, en Australie, a dévoilé, le 21 avril 2026, les résultats d’une recherche publiée dans la revue scientifique Advanced Science autour d’un film plastique antiviral capable d’endommager des virus au point de les empêcher de se reproduire. Ce film plastique nanotexturé repose sur une logique physique plutôt que chimique. Les scientifiques ont reproduit à l’échelle nanométrique les reliefs présents sur certaines ailes de cigales et de libellules, connues pour leurs propriétés antibactériennes naturelles.

Un film plastique nanotexturé inspiré des ailes de cigales

Le fonctionnement de ce film plastique repose sur des millions de nanopiliers invisibles à l’œil nu. Ces structures mesurent quelques dizaines de nanomètres et recouvrent toute la surface du matériau. Lorsqu’un virus entre en contact avec cette surface nanotexturée, il se retrouve étiré mécaniquement jusqu’à la rupture de son enveloppe externe. Selon l’étude publiée dans Advanced Science le 13 février 2026, les chercheurs ont observé que cette déformation physique suffisait à neutraliser le virus sans ajout de substance désinfectante. Les essais ont porté sur le virus hPIV-3, responsable notamment de bronchiolites et de pneumonies. D’après les résultats relayés par RMIT University le 21 avril 2026, près de 94 % des particules virales ont été détruites ou sévèrement endommagées après une heure de contact avec ce film plastique.

Cette efficacité dépend directement de l’organisation des nanopiliers. Les chercheurs ont identifié un espacement optimal d’environ 60 nanomètres entre chaque pilier. Lorsque cet écart atteignait 100 nanomètres, l’effet antiviral diminuait fortement. À 200 nanomètres, l’activité devenait presque inexistante. Le doctorant Samson Mah, auteur principal de l’étude, a expliqué dans le communiqué officiel de RMIT University du 21 avril 2026 : « À mesure que les outils de nanofabrication s’améliorent, nos résultats offrent un guide plus clair sur les nanopatterns les plus efficaces pour tuer les virus. » Il a également ajouté : « Nous pourrions un jour avoir des surfaces comme les écrans de téléphone, les claviers et les tables d’hôpital recouverts de ce film, capable de tuer les virus au contact sans utiliser de produits chimiques agressifs. »

Pourquoi ce film plastique pourrait changer les surfaces médicales

Depuis la pandémie de Covid-19, les surfaces contaminées restent un sujet majeur dans les établissements de santé. Pourtant, les désinfectants chimiques présentent plusieurs limites. Ils nécessitent des applications répétées, peuvent dégrader certains équipements et participent parfois à l’augmentation de la résistance antimicrobienne. Ce nouveau film plastique nanotexturé ambitionne justement de contourner ces contraintes grâce à une action permanente et passive. Selon Futura Sciences, dans un article publié le 18 mai 2026, les chercheurs se sont appuyés sur le biomimétisme pour reproduire les propriétés naturelles observées chez certains insectes. Les ailes de cigales possèdent des nanostructures capables de perforer des micro-organismes. Les scientifiques australiens ont adapté ce mécanisme à un matériau acrylique souple et transparent. Le film plastique reste lisse au toucher malgré la présence de milliers de nanopiliers extrêmement serrés.

Cette dimension industrielle constitue un élément essentiel du projet. Contrairement aux précédentes surfaces antivirales conçues à partir de silicium ou de métaux rigides, ce film plastique peut être produit sous forme de rouleaux flexibles. Samson Mah a ainsi déclaré dans le communiqué de RMIT University du 21 avril 2026 : « Notre moule peut être adapté à une fabrication roll-to-roll, ce qui signifie que des films plastiques antiviraux pourraient être produits à grande échelle avec les équipements industriels existants. » Les chercheurs envisagent déjà des usages sur des surfaces très manipulées. Smartphones, claviers, poignées de porte, équipements hospitaliers ou transports publics pourraient intégrer ce revêtement nanotexturé afin de limiter la transmission de certains virus. De plus, ce film plastique ne dépend pas d’un agent chimique susceptible de perdre son efficacité avec le temps. L’action reste purement mécanique, ce qui réduit théoriquement les risques de résistance biologique.

Des limites scientifiques encore importantes pour ce film plastique

Malgré ces résultats prometteurs, plusieurs questions demeurent ouvertes. Les travaux réalisés jusqu’ici concernent essentiellement des virus enveloppés, comme le hPIV-3. Ces agents pathogènes possèdent une membrane externe fragile qui peut être déchirée sous l’effet des nanopiliers. Les chercheurs ignorent encore si le même film plastique sera capable de neutraliser efficacement des virus non enveloppés, généralement plus résistants. Les scientifiques doivent également évaluer la durabilité réelle du matériau dans des conditions quotidiennes. Les surfaces nanotexturées peuvent s’user sous l’effet des frottements, des produits ménagers ou des variations de température. Les auteurs rappellent que ces structures restent sensibles aux contraintes physiques et environnementales, même si elles apparaissent robustes en laboratoire. L’équipe australienne cherche désormais des partenaires industriels afin d’accélérer le développement commercial du procédé. Elena Ivanova, coautrice de l’étude et professeure distinguée à RMIT University, a déclaré dans le communiqué officiel du 21 avril 2026 : « Nous pensons que cette texturation est une candidate solide pour un usage quotidien et nous sommes prêts à travailler avec des entreprises pour l’adapter à une fabrication à grande échelle. »

Cette recherche s’inscrit dans une continuité scientifique engagée depuis plusieurs années. En mars 2024, une autre équipe menée par RMIT avait déjà présenté une surface en silicium couverte de nanospikes capables de neutraliser 96 % des particules virales après six heures de contact. Toutefois, cette précédente technologie demeurait rigide et difficile à intégrer dans des objets du quotidien. Le nouveau film plastique représente donc une évolution majeure vers une production industrielle plus simple et moins coûteuse. L’étude publiée dans Advanced Science montre également que la géométrie des nanopiliers joue un rôle plus important que leur hauteur. Selon les données scientifiques communiquées par RMIT University le 21 avril 2026, la proximité des structures permet à plusieurs nanopiliers d’exercer simultanément une tension sur le virus. Cette contrainte mécanique collective finit par rompre l’enveloppe virale. Les chercheurs parlent ainsi d’un mécanisme de « stretching » plus efficace que la simple perforation étudiée auparavant. Dans le domaine de la santé, cette approche attire déjà l’attention car elle pourrait réduire l’usage massif de désinfectants chimiques dans certains environnements sensibles. Les hôpitaux utilisent quotidiennement des produits puissants dont les effets environnementaux restent discutés. Un film plastique antiviral permanent pourrait donc représenter une solution complémentaire, notamment sur les surfaces fréquemment touchées où les contaminations croisées restent difficiles à contrôler.

Stéphanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010, j'ai créé deux sites Mon Totem, accès sur du contenu positif orienté sur l'écologie, et Penser Demain, rassemblant des sujets sur le monde que nous souhaitons créer demain.

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