Même si les marées noires ne font pas toujours la Une de l’actualité, il continue de s’en produire très régulièrement. Et elles restent catastrophiques pour notre environnement. Mais des chercheurs ont peut-être trouvé un moyen de réparer les dégâts. Grâce à un matériau renouvelable : le liège.
Selon les chiffres de l’International Tanker Owners Pollution Federation Limited (ITOPF), le nombre de marées noires est en nette diminution. Dans les années 1970, le monde frôlait les 80 déversements par an. Depuis le début des années 2020, le chiffre est descendu à 7. Mais 7 marées noires chaque année, c’est encore beaucoup trop. En 2023, quelque 2 000 tonnes d’hydrocarbures ont ainsi été déversées dans nos océans.
Le liège pour séparer le pétrole de l’eau
Pour les écosystèmes marins, ces déversements sont catastrophiques. Ils peuvent même avoir des effets à long terme sur les poissons et les mammifères et causer des ravages dans les forêts côtières, sur les récifs coralliens et sur les terres à proximité. D’autant que les produits utilisés pour décomposer le pétrole augmentent malheureusement la toxicité de la marée noire pour l’environnement. Mais une équipe internationale de chercheurs explique aujourd’hui dans les Applied Physics Letters comment il pourrait devenir possible de résoudre le problème à l’aide d’un matériau à faible empreinte : le liège.
La découverte a été faite tout à fait par hasard. Alors qu’ils menaient une expérience laser, les chercheurs ont en effet observé qu’un morceau de liège frappé par le faisceau voyait ses propriétés changer de manière significative. Le matériau est en effet devenu superhydrophobe — comprenez qu’il s’est mis à fortement repousser l’eau — et en même temps, superoléophile — comprenez qu’il a montré une attirance particulièrement forte pour les hydrocarbures.
Du liège contre les marées noires et nos émissions de carbone
Quelques ajustements de paramètres — pour optimiser le coût de l’opération — plus tard, les chercheurs ont obtenu un liège capable de récupérer des hydrocarbures dans de l’eau en seulement 2 minutes. Cerise sur le gâteau, comme le liège n’a pas, en même temps, absorbé l’eau, le pétrole extrait par ce moyen peut éventuellement être réutilisé. Une excellente nouvelle lorsque l’on sait qu’en plus, le liège est issu de l’écorce des chênes-lièges. Ces arbres peuvent vivre des centaines d’années. Et la récolte de liège peut avoir lieu tous les sept ans environ. De quoi faire du liège, un matériau renouvelable. D’autant que lorsque son écorce lui est retirée, le chêne-liège amplifie leur activité biologique pour la remplacer. Il stocke ainsi au passage plus de carbone. Ce qui fait de la récolte du liège une méthode intéressante pour compenser nos émissions de carbone.
