Mangerons-nous des insectes en 2030 ?

Selon la FAO, il y a fort à parier que oui. Avec 9 milliards d’humains sur Terre en 2050, il est essentiel de trouver de nouvelles sources de protéines pour lutter contre la faim dans le monde. Les insectes, riches en protéines et peu gourmands en eau et en nourriture, pourraient être l’une de ces solutions. De plus, l’impact écologique des insectes est incomparablement plus faible que celui des sources de protéines animales telles que le bÅ“uf, le porc ou le poulet. Alors, pourquoi ne pas se lancer dans la consommation d’insectes, une pratique déjà courante dans de nombreuses régions du monde ?

Les insectes, une alternative pour lutter contre la faim dans le monde

En 1967, la consommation de protéines animales était de 87 % inférieure à ce qu’elle est aujourd’hui. Cela est en partie dû à l’augmentation de la population mondiale, qui devrait atteindre les 9 milliards d’individus en 2050. Face à cette croissance démographique, il est urgent de trouver de nouvelles sources de protéines pour nourrir tout le monde. Les insectes pourraient être l’une de ces solutions.

Selon la FAO, deux milliards de personnes mangent déjà des insectes dans le monde. Les insectes sont riches en protéines et pauvres en graisses, ce qui en fait un excellent substitut à la viande. En effet, le niveau de protéines des sauterelles est le même que celui d’une pièce de bÅ“uf, mais la production d’un kilo de sauterelles nécessite très peu d’eau. Pour seulement deux kilos de végétaux, on peut produire un kilo d’insectes, contre huit kilos de végétaux pour produire un kilo de viande de bÅ“uf. Les insectes sont donc une source de protéines très économique.

Les insectes, une solution écologique

En plus d’être économiques en termes de nourriture et d’eau, les insectes ont un impact écologique très faible. Comparons l’impact écologique des vers de farine (ou ténébrions meuniers) avec celui de sources de protéines animales plus courantes comme le porc, le poulet ou le bÅ“uf. Le tableau suivant détaille l’impact sur le réchauffement climatique, l’énergie consommée et l’espace utilisé pour produire un kilo de protéines.

Source de protéinesÉmission de gaz à effet de serre (kg CO2e/kg protéine)Énergie consommée (MJ/kg protéine)Espace utilisé (m²/kg protéine)
Vers de farine1,72,00,02
Porc6,023,60,9
Poulet5,114,40,6
Bœuf27,098,030,0

Les données sont basées sur une analyse de cycle de vie complète et prennent en compte l’ensemble du processus de production, de l’alimentation des animaux à l’abattage et à la transformation. Les chiffres pour les vers de farine sont basés sur une étude réalisée en Europe.

Comme on peut le voir dans le tableau, les vers de farine ont un impact écologique nettement inférieur à celui des sources de protéines animales plus courantes comme le porc, le poulet et le bÅ“uf. Les vers de farine émettent 70 à 90 % moins de gaz à effet de serre, consomment 90 % moins d’énergie et utilisent 95 % moins d’espace pour produire une quantité équivalente de protéines.

Cela s’explique en grande partie par la grande efficacité des vers de farine en tant que convertisseurs de déchets alimentaires en protéines. Ils ont également un taux de conversion alimentaire élevé, ce qui signifie qu’ils ont besoin de moins de nourriture pour produire une quantité équivalente de protéines que les autres sources de protéines animales.

Dans tous les cas, le ver de farine est plus avantageux que les sources de protéines animales habituelles. Les insectes ont donc un impact environnemental très faible et pourraient contribuer à la réduction de la surpêche, de la déforestation et de la destruction des milieux naturels.

Le pad thaï thaïlandais garni de sauterelles

Dans de nombreux pays, la consommation d’insectes est une pratique courante. Voici une liste non exhaustive des pays où manger des insectes est une tradition alimentaire.

  • En Asie : la Thaïlande, le Laos, le Cambodge, le Vietnam, la Chine et le Japon.
  • En Amérique latine : le Mexique, le Pérou, la Colombie, l’Équateur et le Brésil.
  • En Afrique : le Ghana, le Nigeria, le Cameroun, l’Ouganda et l’Afrique du Sud.

Dans ces pays, les insectes sont souvent considérés comme une source de protéines abondante et peu coûteuse. Ils peuvent être consommés sous différentes formes : grillés, frits, bouillis ou cuits au four, et peuvent être assaisonnés avec des épices ou servis avec des sauces. Les espèces d’insectes les plus consommées varient selon les régions, mais on peut citer notamment les sauterelles, les criquets, les fourmis, les termites, les chenilles, les vers de farine et les grillons.

L’un des plats les plus connus en Asie qui contient des insectes est le « pad Thai » thaïlandais. Ce plat consiste en des nouilles de riz sautées avec des légumes, des Å“ufs, des cacahuètes et des crevettes, mais il est souvent garni de sauterelles frites ou de vers de farine grillés pour une texture croquante et une saveur unique. Il existe également d’autres plats populaires en Asie qui incorporent des insectes, comme les brochettes de criquets grillés au Japon ou les salades de vers à soie en Chine.

Stéphanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010, j'ai créé deux sites Mon Totem, accès sur du contenu positif orienté sur l'écologie, et Penser Demain, rassemblant des sujets sur le monde que nous souhaitons créer demain.

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