Produire de l’électricité ne va pas sans émettre des gaz à effet de serre. Même les éoliennes ont leur empreinte carbone. Mais des chercheurs assurent qu’elles peuvent compenser leurs émissions en seulement deux ans.
Les éoliennes permettent de produire de l’électricité à partir du vent. Une source d’énergie renouvelable. Renouvelable. Mais pas tout à fait zéro émission. En France, l’empreinte carbone d’une éolienne est en effet estimée à quelque chose entre 14 et 16 grammes d’équivalent CO2 par kilowattheure produit (gCO2eq/kWh). C’est peu comparé par exemple au gaz fossile qui émet plus de 200 gCO2eq/kWh. Mais ce n’est pas nul.
Un coup d’œil sur ces chiffres suffit à comprendre qu’il est intéressant de remplacer des centrales au gaz ou au charbon par des parcs éoliens. Mais pour en prendre toute la mesure, des chercheurs de l’université Te Herenga Waka Victoria de Wellington (Nouvelle-Zélande) se sont lancés dans un calcul très précis de la manière dont les éoliennes peuvent compenser leurs émissions.
Le cas particulier d’un parc éolien en Nouvelle-Zélande
Ils ont étudié le cas particulier du parc éolien terrestre Harapaki à Hawke’s Bay, en Nouvelle-Zélande. Un parc de 41 turbines qu’ils considèrent comme représentatives des technologies utilisées à l’international. Et ils ont pris en compte les données sur les émissions depuis la fabrication des pièces individuelles des turbines jusqu’à leur transport, leur installation et même au déclassement du parc. Les chercheurs calculent ainsi que ce parc éolien laissera une empreinte de 10,8 gCO2eq/kWh. Et puisque dans le pays, il est surtout destiné à remplacer des centrales à gaz à cycle combiné, son temps de compensation carbone est estimé à moins de deux ans. Quant à son temps de compensation énergétique, il n’est pas de plus de six mois.
L’empreinte carbone des éoliennes peut encore être réduite
Comment comprendre ces chiffres ? Ce que les chercheurs montrent, c’est qu’en seulement 1,5 à 1,7 année de production, ce parc éolien aura compensé toutes les émissions de gaz à effet de serre de l’ensemble de son cycle de vie. Une durée qui pourrait même être plus courte dans un pays où les éoliennes viennent en remplacement des centrales à charbon, plus émettrices que les centrales à gaz. Le temps de compensation énergétique, lui, représente la durée pendant laquelle les éoliennes doivent tourner pour compenser l’énergie qui a été nécessaire à la production et à l’installation du parc et celle qui le sera à son maintien et à son démantèlement.
Les chercheurs soulignent que les phases d’installation et de transport représentent à celles seules près de 10 % des émissions globales d’un parc éolien. Mais la fabrication des éoliennes est l’étape la plus coûteuse en carbone. D’où l’importance de viser ces phases en particulier pour améliorer plus efficacement encore à l’avenir le bilan carbone des turbines. Notez tout de même que l’étude se focalise sur les émissions de gaz à effet de serre. Rien n’est dit, ici, concernant les autres impacts environnementaux — sur la biodiversité ou sur les ressources, par exemple — ou sociétaux et économiques potentiels des parcs éoliens.
