Les récifs artificiels ont été imaginés pour restaurer certains milieux marins particulièrement touchés par les activités humaines. Des chercheurs montrent comment ils peuvent avoir, sur les coraux naturels, un effet positif étonnant.
Les récifs coralliens ne sont pas seulement beaux. Ils sont aussi essentiels à l’équilibre de nos mers. Alors qu’ils ne s’étendent même pas sur 1 % du fond de nos océans, c’est en effet le destin de pas moins de 25 % de la vie marine qui leur est lié. Celui de près de 2 millions d’espèces différentes. Et avec lui, celui de populations entières qui en dépendent pour leurs revenus ou même plus directement, pour leur alimentation.
Les activités humaines mettent en danger les coraux
Or justement, la santé des récifs coralliens n’est pas si bonne. Ils sont mis en danger non seulement par le réchauffement climatique, mais aussi, plus directement encore, par toute une série de nos activités. La surpêche, par exemple. Ou encore, le tourisme. Parce que les plongeurs aiment nager parmi les coraux. L’ennui, c’est que ce faisant, ils perturbent l’environnement fragile des récifs. Ils en remuent le sable et peuvent involontairement frapper les coraux ou effrayer les poissons qui s’y abritent.
Un récif corallien artificiel pour contenter les plongeurs

Pour remédier à ce problème — si ce n’est aux autres —, des chercheurs ont proposé, en 2006, d’implanter au large d’Eilat, dans la mer Rouge, un récif artificiel. Une « structure immergée volontairement afin de créer un écosystème complexe », selon la définition de l’Ifremer. Le tout, juste à la limite de la réserve qui entoure un récif corallien naturel mis en danger, notamment, par des activités de plongée. Et dans la revue Oceans, les scientifiques qui ont suivi l’opération racontent aujourd’hui son succès.
L’objectif de détourner l’intérêt des plongeurs pour le récif corallien originel a été rempli. Les plongées dans la réserve naturelle ont presque totalement cessé. Quinze ans après l’implantation du récif artificiel, le site continue d’attirer les touristes. Et cerise sur le gâteau, il a aussi séduit de nombreuses espèces de poissons et d’autres invertébrés. Y compris certaines qui n’avaient pas pu trouver refuge dans le récif corallien naturel.
