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Recycler la levure de bière pour éliminer le plomb de l’eau

Levure de bière - @Vecteezy
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Il existe déjà des technologies qui permettent d’éliminer le plomb qui pollue l’eau. Mais des chercheurs proposent aujourd’hui une nouvelle façon de faire qui permettrait en plus de recycler un déchet embarrassant : la levure de bière.

Dans le monde, la production de bière se compte en centaines de millions d’hectolitres par an. Soit l’équivalent de quelque 6 000 litres de bière consommés… chaque seconde ! Et pour fabriquer toute cette bière, il faut de la levure. Une levure que les brasseries rejettent ainsi par milliers de tonnes chaque année. Un déchet dont elles peinent encore à savoir que faire.

La levure de bière pour fixer les métaux

Mais la science pourrait bientôt leur enlever cette épine du pied. Il y a quelques semaines déjà, des chercheurs autrichiens expliquaient comment la levure de bière pourrait aider au recyclage de nos déchets électroniques. Grâce à un processus connu sous le nom de biosorption qui lui permet de fixer des métaux comme le cuivre, l’aluminium ou le nickel. Et ce, de manière sûre et économiquement viable. Même lorsque les concentrations sont faibles.

C’est aussi le processus de biosorption que des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et de Georgia Tech (États-Unis) espéraient exploiter pour employer la levure de bière comme agent de dépollution de l’eau. Ils avaient déjà fait la preuve par le passé que l’idée était bonne. La levure de bière permet de fixer le plomb contenu dans l’eau. Mais un obstacle à la mise en œuvre de la technique demeurait. Les chercheurs ne savaient pas comment éliminer ensuite la levure de bière de l’eau.

De la levure de bière et un hydrogel pour piéger le plomb

C’est en découvrant les atouts des hydrogels pour la capture des micropolluants que l’idée est venue. Les chercheurs ont développé des sortes de capsules d’hydrogel — comme celles que l’on utilise dans le milieu médical — d’un demi-millimètre de diamètre qu’ils ont remplies de levure de bière. Ces capsules sont suffisamment poreuses pour que l’eau puisse y pénétrer. La levure peut alors se lier au plomb qui pollue l’eau. Mais sans pouvoir à son tour ensuite s’échapper dans l’eau.

Les chercheurs ont testé leurs capsules. Elles fonctionnent. Et elles sont capables de résister aussi bien à la force générée par l’eau qui coule d’un robinet qu’à celle générée par les écoulements dans les stations d’épuration. De quoi donner des pistes pour une exploitation future de la technique.

Des améliorations encore à venir

En attendant, les chercheurs continuent de travailler à améliorer encore le bilan environnemental de l’élimination du plomb — ou peut-être, ils l’espèrent, d’autres polluants — dans l’eau en évaluant à quelle fréquence la levure de bière devrait être remplacée pour rester efficace. Ils cherchent aussi à produire des capsules d’hydrogel en matériaux dérivés de la biomasse. Affaire à suivre…

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