Les traînées de condensation, ces filets blancs que laissent les avions dans notre ciel. Elles sont responsables d’une belle part de l’impact du secteur sur le réchauffement climatique. Et des chercheurs montrent aujourd’hui qu’il ne coûterait presque rien de les réduire de trois quarts.
Dans le sillage des avions, il se forme parfois des traînées que l’on appelle traînées de condensation. Les anglophones parlent de « contrails ». Et l’ennui, c’est que ces cristaux de glace et de suie peuvent finir par former des nuages et par contribuer ainsi au réchauffement climatique. Les experts estiment que pas moins de 35 % de l’impact de l’aviation leur sont imputables.
Dérouter des avions pour limiter les traînées de condensation
Parmi les pistes envisagées pour limiter le phénomène : dérouter certains avions. Parce que les traînées de condensation persistent surtout à haute altitude, dans les atmosphères froides et humides, modifier les plans de vol pourrait aider à résoudre le problème. Et une équipe internationale de chercheurs conclut aujourd’hui dans le journal Environmental Research : Infrastructure and Sustainability que l’opération pourrait coûter bien moins cher qu’il n’y parait.
Des travaux précédents avaient montré que 2 à 10 % des vols seulement étaient finalement responsables de quelque 80 % des traînées de condensation néfaste à notre climat. Et que les preuves s’accumulent qu’il est possible, en s’appuyant notamment sur des modèles météorologiques et sur l’intelligence artificielle, de prévoir quels avions devraient être ciblés par des mesures de détournement visant à limiter la formation de contrails. American Airlines évoquait, il y a quelques mois, un potentiel de réduction des traînées de condensation par ce biais de plus de 50 %.
Le coût dérisoire du détournement des trajectoires des avions
En reprenant ces données et en intégrant ainsi quelque 85 000 vols à haute altitude à leurs simulations, les chercheurs obtiennent même une réduction des traînées de condensation de 73 %. Avec un coût carburant qui n’augmente pas de plus de… 0,11 % ! Lorsque l’on regarde les coûts d’exploitation globaux, le résultat est encore meilleur puisqu’ils ne varient que de 0,08 %. Le tout ne concernant même pas 15 % des avions dans notre ciel.

