La première voiture à énergie solaire a roulé dans les années 1950. L’idée est belle. Mais pas si simple à mettre en œuvre. De premiers modèles devraient toutefois commencer à apparaître sur les routes.
Dans le monde, les voitures électriques ont la cote. Les ventes ne cessent de progresser. En 2023, près de 10 millions d’exemplaires ont été mis en circulation. En France, le 100 % électrique a représenté plus de 15 % des immatriculations. Si on y ajoute les hybrides rechargeables, la part de marché dépasse les 25 %. Un record.
C’est dans ce climat favorable à l’électrique que la start-up américaine Aptera a annoncé, il y a quelques jours seulement, que la voiture solaire sur laquelle elle travaille depuis dix ans maintenant est enfin prête à la commercialisation. Mais de quoi s’agit-il vraiment ?
Des panneaux solaires sur une voiture électrique
D’abord, une précision de langage. Ce que les ingénieurs appellent voiture solaire, c’est une voiture qui s’alimente de l’électricité produite par des panneaux photovoltaïques intégrés. Au moins en partie. Parce que nous allons voir que si l’idée est belle, sa réalisation est loin d’être simple.
Pourtant, la toute première voiture solaire a roulé dès 1955. Développée par un ingénieur de la General Motors et équipée de 12 cellules solaires. Un modèle de démonstration qui n’est pas allé beaucoup plus loin. Surtout parce que pour faire rouler une voiture, il faut beaucoup d’électricité. Et que les rendements des meilleures technologies photovoltaïques ne dépassent toujours pas les 25 %. Avec en plus, la contrainte de la météo locale, de l’inclinaison, de l’orientation ou encore des zones d’ombres sur une voiture qui se déplace sans arrêt.
Pour l’heure, seulement de petites voitures solaires
Pour en revenir à la voiture solaire d’Aptera, il s’agit en réalité plus d’un tricycle solaire deux places vendu à quelque 30 000 euros. Selon la start-up, son autonomie dépasserait les 1 600 kilomètres. Mais la charge solaire ne serait possible qu’à hauteur de 64 kilomètres par jour. Aptera annonce avoir déjà vendu 1 500 exemplaires de sa version de lancement sur les 2 000 qui doivent être construits au total. L’objectif sera ensuite de produire 10 000 de ces voitures solaires par an.
En Tunisie, la société Bako Motors vient également de mettre en circulation un modèle de mini voiture solaire. Une voiture elle aussi équipée de panneaux photovoltaïques qui chargent une batterie dans laquelle la voiture viendra puiser pour engloutir les kilomètres. À une vitesse qui toutefois ne dépasse pas les 45 km/h. Mais le tout pour moins de 4 000 euros.
Vers une vraie voiture solaire ?
Ceux qui développent de véritables voitures solaires rencontrent plus de difficultés. En voici deux exemples. D’abord, celui de la voiture familiale au look des années 80 imaginée par Sono Motors promettait une trentaine de kilomètres solaires par jour. Pour un prix inférieur à 30 000 euros. Mais le projet a été abandonné, faute de trésorerie pour passer à la phase d’industrialisation.
L’exemple de la voiture développée par la start-up Lightyear n’est pas plus encourageant. Un premier modèle haut de gamme à 250 000 euros a été abandonné. Il se présentait avec pas moins de 5 mètres carrés de cellules solaires sur le capot et le toit. Pour une autonomie augmentée sur une année de 6 000 à 11 000 kilomètres. Selon les conditions météo. Mais une vraie voiture solaire capable d’atteindre les 160 km/h et disposant de 5 places et d’un coffre. La version 2, plus abordable — le coût annoncé était de l’ordre des 40 000 euros —, semblait avoir séduit. Lightyear annonçait plusieurs dizaines de milliers de commandes et une mise en circulation pour 2025. Mais des difficultés financières sont apparues. Et Lightyear pourrait bien avoir abandonné également ce second projet pour se concentrer sur la fourniture de technologies photovoltaïques embarquées. Celles-là mêmes qui seront peut-être reprises par l’industrie automobile pour lancer enfin une première voiture solaire.

