La pollution de l’air coûte cher. Elle tue même. Des dizaines de milliers de personnes chaque année dans notre vieille Europe. Mais la situation s’améliore nettement depuis quelques années.
Dans notre vieille Europe, les niveaux de pollution atmosphérique demeurent élevés. Souvent au-delà de ceux recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Avec ne serait-ce que des concentrations de particules fines à des niveaux plus raisonnables, un rapport de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) estime que plus de 250 000 décès auraient pu être évités. Rien qu’en 2021. Cela semble colossal.
Les effets sur l’environnement de cette pollution atmosphérique le sont tout autant. La même Agence estime par exemple qu’en 2020, 75 % des écosystèmes européens étaient exposés à des niveaux d’azote qui favorisent l’eutrophisation. Comprenez, à terme, la raréfaction de l’oxygène dans les cours d’eau, les lacs et les mers ou encore l’acidification de l’eau douce et des sols.
La pollution atmosphérique en recul en Europe
La bonne nouvelle, c’est que la situation s’améliore. Ainsi au cours des 10 à 15 dernières années, le nombre de décès dus à la pollution atmosphérique par les particules fines a presque diminué de moitié. Et l’Union européenne vient de renforcer ses normes en la matière. Des normes toujours pas alignées avec les recommandations de l’OMS, mais tout de même plus contraignantes.
Une nouvelle étude publiée très récemment par l’AEE montre quant à elle que si le coût de la pollution industrielle sur la santé et l’environnement reste considérable, il a tout de même baissé de plus d’un tiers ces 10 dernières années. En 2012, il était compris entre 327 et 537 milliards d’euros. En 2021, il était plutôt compris entre 219 et 353 milliards d’euros. Selon la valeur donnée à une vie humaine…
Le secteur de l’énergie en bonne élève, mais toujours parmi les plus gros pollueurs
L’Agence européenne de l’environnement souligne que près de 80 % de ces gains ont été obtenus par le secteur de l’énergie. Grâce à l’adoption généralisée de la meilleure technologie disponible et à une transition vers des combustibles moins polluants. Même s’il ne s’agit que de passer du charbon au gaz. Une étude a ainsi montré que l’exposition aux particules fines de soufre émises par la combustion du charbon est plus de 2 fois plus mortelle qu’une exposition à toute autre particule fine.
Le dernier rapport de l’AEE révèle également que sur les 10 000 installations industrielles étudiées, à peine plus d’une centaine — parmi lesquelles encore beaucoup de centrales thermiques surtout situées en Allemagne et en Pologne — est responsable de la moitié des coûts de la pollution atmosphérique enregistrée en Europe. Ainsi, des résultats importants aussi bien en termes de santé que d’environnement pourraient encore être obtenus en se concentrant sur un nombre assez réduit d’installations industrielles.

