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Trottoir podo-électrique – Quand nos pas ne seront plus perdus

@pixabay

Et s’il était possible de créer de l’électricité par le simple fait de marcher ? Utiliser les pas des piétons et leur énergie pour générer de l’électricité, c’est l’idée incroyable de Laurent Villerouge, directeur de Viha Concept, entreprise spécialisée dans la recherche et le développement de technologie. Cet avant-gardiste a créé une nouvelle technologie de domotique urbaine complètement autonome et écologique : le trottoir podo-électrique.

Le fonctionnement est plutôt simple, disposer des dalles mobiles sur le trottoir équipées d’une batterie et utiliser l’énergie que possède un corps (piétons, voitures, cyclistes, etc.) encore appelée énergie cinétique pour créer de l’électricité. Cette énergie va ensuite pouvoir être transformée pour alimenter le mobilier urbain tel que les réverbères à LED par exemple.

Les dalles sont placées au-dessus d’un réservoir rempli d’eau et montées sur ressort. Sous le poids du piéton ou du véhicule, la pression créée actionne le liquide. L’eau va ensuite être conduite dans un tuyau vers la turbine qui se met à tourner lors du passage de l’eau. Un alternateur récupère alors l’énergie mécanique et la transforme en électricité, cette énergie sera ensuite stockée dans des batteries puis distribuée. Une dalle podo électrique peut créer jusqu’à 42kWh en une journée soit la quantité d’énergie produite par 50 de ces dalles si 300 000 personnes marchaient une fois sur chaque dalle au cours d’une journée. Cela est par exemple possible dans des lieux de fortes affluences comme aux Champs Élysées.

explication trottoir podo electrique

Dans une zone à forte influence, le projet Trotelec peut être rentabilisé en moins de quatre ans pour dix-huit lampadaires. A l’année, l’ensemble de ces lampadaires consomment 1 307 euros d’électricité avec une moyenne de 12,5 h d’électricité par nuit. L’investissement est de 5 000 euros pour ce projet.

Pour développer son prototype, Laurent Villerouge cherchait à rassembler 1,5 millions d’euros. Laurent a essuyé de nombreux refus : banques, organismes publics Oséo, collectivités locales, personne n’a eu le cran d’investir. Après avoir passé une année à chercher des financements, en vain, et devant la frilosité des investisseurs français, la start-up Viha Concept a finalement décidé de s’installer aux Etats-Unis où le projet a créé l’ébullition et a trouvé preneur en quatre heures seulement ! Laurent Villerouge a alors signé un partenariat avec l’université Stony Brook de New York. Ils réfléchissent à de nouvelles innovations telles que le recyclage de l’énergie de l’essorage du lave-linge pour chauffer l’eau du cycle suivant, l’éclairage des plafonniers de voitures généré par les claquements de portière, etc.

De nombreux forums sont organisés autour de l’innovation en France pour renouer avec l’esprit avant-gardiste que nous lui connaissions. En effet, la France s’est longtemps singularisée par ses avancées dans de nombreux domaines. Cependant, si nous souhaitons débrider l’innovation, source de création d’emplois futurs, ne devrions-nous pas stimuler les financements privés et publics et apporter de la facilité au crédit, en revoyant, par exemple, des règles telles que le minimum de 100 000 euros de capital social pour les PME souhaitant accéder au crédit ? Les philosophies américaines et françaises sont bien différentes, à nous de nous en inspirer et de croire davantage en nos français.

Stéphanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010, j'ai créé deux sites Mon Totem, accès sur du contenu positif orienté sur l'écologie, et Penser Demain, rassemblant des sujets sur le monde que nous souhaitons créer demain.

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