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Béa Johnson, héro des temps modernes ?

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Nombre d’entre nous reviennent probablement ce soir avec un sac contenant les derniers achats de la rentrée. D’autres pensent à tel ou tel objet technologique ou de décoration qu’ils pourraient bien commander. Nous sommes sans cesse influencer par nos désirs et c’est parfois notre budget un peu serré qui parvient, en dernier recourt, à nous raisonner.

Pourtant, cela ne semble pas être le cas de Béa Johnson. Cette française, originaire d’Avignon, vit depuis dix ans en Californie avec son mari et ses deux enfants. Cette maman est parvenue au Zéro Déchet. Facile à dire, nous dirons nous, mais plus difficile à faire. Et pourtant, depuis le début de la crise en 2008, Béa Johnson a décidé de réduire ses dépenses en adoptant le désencombrement et le minimalisme.

La désillusion de l’hyperconsommation

Pendant plusieurs années, les Johnson ont vécu comme une famille typique américaine dans une très grande maison avec un 4 x 4, un chien et beaucoup d’objets. C’est alors que Béa Johnson réalise que cette hyperconsommation ne lui procure qu’une profonde insatisfaction. Elle décide donc de tout envoyer valser et convainc son mari de déménager. Ils s’installent en dehors de l’agglomération de San Francisco à Mill Valley. Ils vivent un an dans un appartement avant de pouvoir trouver la maison en question. Pendant ce temps, leur mobilier est stocké dans un garde-meubles.

C’est là que l’idée survient, ils se rendent compte qu’ils n’ont besoin d’aucun de ces meubles et objets stockés et qu’ils peuvent parfaitement vivre avec le strict nécessaire sans superflu. Ils choisissent donc une maison deux fois plus petite et commencent à se documenter sur l’écologie, le désencombrement et la simplicité volontaire. Ce mode de vie consiste à réduire sa consommation alors que « nous consacrons notre temps à gagner toujours plus d’argent pour satisfaire des besoins matériels de plus en plus nombreux qui pourtant ne seront jamais satisfaits en raison de leur renouvellement incessant ».

La famille de Béa Johnson décide alors de donner des objets dont ils n’ont plus besoin et de débuter une nouvelle vie. Ils réalisent que moins ils possèdent d’objets et plus ils ont de temps à consacrer à leur famille. En effet, moins d’objets signifient moins de nettoyage, de rangement, de temps à s’occuper du lavage et du repassage des vêtements, une vie moins compliquée pour ainsi dire.

Le zéro déchet, impossible ?

Ils vont même plus loin en revoyant toutes leurs habitudes. Ils bannissent alors l’accumulation de déchets tels que les plastiques par exemple. Béa se munit de bocaux en verre et de sacs en toile pour aller au supermarché et elle achète tout en vrac. Elle demande au poissonnier et au boucher de peser le bocal et de mettre la nourriture directement dans les bocaux sans utiliser de papier. Elle utilise ses autres bocaux pour prendre le beurre de cacahuète, les olives et ses sacs en toile pour le sucre, les céréales ou les cookies par exemple. Sa cuisine est remplie de bocaux en verre dans lesquels sont stockées toutes ces denrées.

Pour réduire ses déchets, il est évident qu’il faut réduire sa consommation. Son intérieur est très épuré et minimaliste. Béa va jusqu’au bout de sa logique, quitte à vivre dans une atmosphère un peu « froide » et sans réelle personnalité mais c’est là où je pense qu’il est possible de suivre la même logique avec des meubles plus colorés et cosy sans pour autant les accumuler. La plupart des meubles qu’ils possèdent sont de la récup’ et pour les autres, ils ont acheté de la qualité pour pouvoir les garder le plus longtemps possible.

Pour les vêtements, et c’est surtout ici que beaucoup ont des difficultés, certains ne voyant plus tous leurs vêtements tellement ils sont entassés, Béa s’inspire d’habits indémodables et utilisables d’une saison sur l’autre, d’une occasion sur l’autre. Elle ne possède que deux robes, deux jupes, trois pantalons, un short, trois pulls, sept hauts, six paires de chaussures, sept culottes, quelques paires de chaussettes et collants, et un soutien-gorge. Il faut donc penser à désengorger ses armoires et choisir de donner ou de vendre quelques vêtements. Il faut prendre le temps de faire le tri. Vous serez ensuite ravis du résultat et de la praticité de votre garde-robe lorsque vous choisirez vos vêtements.

Pour les produits d’hygiène, elle utilise en tout et pour tout un savon : le savon d’Alep que la famille utilise pour se laver le corps, les cheveux, les mains et que son mari utilise également pour se raser. Elle a remplacé les cotons par des lingettes lavables. Elle produit elle-même les cosmétiques. Pour les joues, elle utilise du cacao en poudre, une option naturelle. Pour les lèvres, elle fabrique son propre baume à base de cire d’abeille et d’huile de sésame.

Les cinq règles clés

Béa Johnson a une devise qui est la suivante : refuser, réduire, réutiliser, recycler, composter.

Pour Béa, le recyclage n’est pas la solution, il faut avant tout refuser des objets encombrants.   Elle insiste sur le fait de refuser avant tout si quelqu’un vous propose des goodies dont vous n’avez pas besoin ou par exemple si l’on vous tend une publicité que vous jetterez plus tard. Il faut également réduire ce que l’on possède déjà en rassemblant tous les objets inutiles ou dont on peut se passer. Il ne s’agit pas de les jeter mais de leur trouver une autre maison en les donnant ou en les revendant.

S’il n’est pas possible de réduire ou de refuser alors l’autre solution est de réutiliser. Par exemple, un sac en plastique peut également servir à transporter de nouveaux objets. Pour les objets que l’on ne peut pas refuser, réduire ou réutiliser alors il faut les recycler. Vous pouvez soit faire un tri sélectif ou alors vous rendre au centre de tri pour les matériaux sensibles à recycler comme les piles, les ampoules, les pots de peinture, etc. Vous pouvez également composer s’il s’agit de nourriture.

Cela fait maintenant six ans que Béa Johnson et sa famille vivent sans générer de déchets ou presque. Tous leurs déchets de l’année tiennent dans un bocal. Cette famille a produit un litre de déchets sur l’année contre 240 chaque semaine auparavant. En réduisant leurs déchets, ils ont également réalisé 40% d’économie. Béa est devenue un modèle pour de nombreuses familles qui suivent ses conseils sur son blog Zero Waste Home. Les médias l’ont également largement relayé et elle a publié un livre en 2013, Zero Waste Home: The Ultimate Guide to Simplifying Your Life by Reducing Your Waste.

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